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Actualités

Les patrons de Wall Street font profil bas face aux élus américains - 14/04

Ils étaient sagement assis par ordre alphabétique, exactement comme il y a dix ans, lorsque huit banquiers de Wall Street étaient  convoqués au Congrès au pic de la crise , pour rendre compte de l'utilisation des fonds publics qui leur avaient été alloués. 

De nouveaux réunis pour la première fois depuis 2009, les directeurs généraux de JP Morgan, Citi, Morgan Stanley, Bank of America, Goldman Sachs, State Street et Bank of New York ont passé mercredi six heures devant les membres de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, qui les avaient faits venir pour faire un bilan des changements survenus dans la dernière décennie. 

Frein au desserrement réglementaire

 

Depuis qu'ils ont repris le contrôle de la chambre basse en novembre, les démocrates n'ont pas fait mystère de leur volonté de freiner le mouvement d'assouplissement de la réglementation bancaire initié par l'administration Trump. La présidente de la commission Maxine Waters, élue de Californie et qui siégeait déjà en 2009, a d'ailleurs résumé l'état d'esprit général en déclarant que les banques violaient la loi de façon «chronique» et qu'elles étaient «trop grosses pour se soucier du mal qu'elles avaient causé ». Dix ans plus tôt, elle les avait surnommés «Captains of the universe ». 

Du côté des banquiers aussi, le changement était palpable. Alors qu'ils manifestaient encore une certaine arrogance en 2009 - le patron de Morgan Stanley, John Mack, avait juré qu'il garderait son poste « même sans bonus » - , ils ont appris à faire profil bas. Signe des temps, aucun n'avait rejoint Washington en jet privé, et les dirigeants de Goldman Sachs et de Bank of America avaient même pris le train depuis New York. 

A tour de rôle, ils se sont appliqués à montrer que leurs établissements étaient devenus plus sûrs, mieux régulés et plus simples qu'avant 2008. « Depuis la crise, Citi est devenu plus petit, plus sûr, plus fort et bien moins complexe », a juré Michael Corbat, directeur général de Citi. « Lehman ne pourrait plus se produire aujourd'hui »,  a assuré Jamie Dimon , qui n'a pas résisté à l'envie de plaider pour une révision de certaines régulations. «Il y a des milliers de milliards bloqués pour conserver de la liquidité à perpétuité! » a osé le patron de JP Morgan, estimant que ces réserves bridaient l'octroi de nouveaux prêts.

Les salaires des patrons en cause

Faute de véritable accusation formulée par les élus, l'audition ne devrait pas déboucher sur de nouveaux projets de loi. Ceux-ci ont abordé des thèmes très variés, allant des relations des banques avec les fabricants d'armes à feu à leur exposition aux hydrocarbures, en passant par l'imminence d'une récession ou encore  les inégalités et les bonus

L'élue de New York, Nydia Velazquez, a ainsi demandé à Michael Corbat, qui a touché 24 millions de dollars au titre de 2018, comment il vivait le fait de gagner 400 fois plus que l'employé médian de son entreprise. Celle du Bronx, Alexandria Occasio Cortez, a voulu savoir si Jamie Dimon trouvait normal qu'aucun patron de banque n'ait été en prison après la crise, «alors que dans mon quartier, on envoie un gamin en prison quand il saute par dessus le tourniquet du métro ».

«Je pense qu'on ne devrait pas être envoyé en prison quand on saute par dessus le tourniquet du métro », a répondu l'intéressé. Un seul a semblé profiter du moment - à distance - l'ancien patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, qui avait témoigné en 2009. «Dieu que mon ancien job me manque!!! », a-t-il twitté. 


La France a pris beaucoup d'avance sur ses levées de dette - 03/04

L'exercice 2019 s'annonçait difficile. La France doit lever cette année la  somme vertigineuse de 200 milliards d'euros (montant net des rachats de titres) sur les marchés financiers. Dans le même temps, le programme d'achats d'obligations par la Banque centrale européenne (BCE) - mis en place en 2015 pour faire grimper les prix des actifs financiers - se limite désormais à de simples réinvestissements. Consciente de ces défis, l'Agence France Trésor (AFT) n'a pas perdu de temps. L'entité de Bercy, responsable de placer la dette de l'Etat auprès des investisseurs, a mis à profit les excellentes conditions de début d'année.

Taux moyen de financement

En un trimestre, l'AFT a effectué 38,8 % du programme d'émissions brutes de l'année, selon le bulletin publié à fin mars. Il s'agit « d'un taux nettement supérieur à celui observé les années précédentes » : le ratio moyen au cours des trois dernières années était de 34 %. L'agence précise aussi que le taux moyen de financement pour les OAT (obligations classiques) entre le 1er janvier et la fin mars s'est élevé à 0,42 %, contre 0,53 % sur l'ensemble de l'année 2018.

La faiblesse du coût d'emprunt est essentiellement liée à l' appétit spectaculaire des investisseurs pour les obligations d'Etat depuis le début de l'année. Les liquidités abondantes qui étaient logées dans les portefeuilles des gérants, après une fin d'année 2018 très turbulente, se sont déversées sur le marché de la dette européenne notamment. L'AFT explique avoir profité de ces conditions favorables pour lancer 4 des 6 nouvelles obligations annoncées dans la feuille de route de 2019.

Substitution à la BCE

Faut-il s'inquiéter du retrait de la BCE, qui se contente de maintenir le niveau du stock de « papiers » d'Etat achetés depuis 2015 ? Selon une étude de Nomura, l'institut monétaire - qui  intervient via la Banque de France  - va acquérir chaque mois environ 4,5 milliards d'euros d'emprunts d'Etat français tant que dure le programme de réinvestissement. Etant donné les derniers commentaires des membres de la banque centrale, le programme ne va pas s'arrêter de sitôt.

Les investisseurs en dehors de la zone euro, qui ont été ceux qui ont le plus vendu les obligations d'Etat à la BCE (ils ont contribué à hauteur de 50 % à la constitution des portefeuilles de l'institut monétaire), devraient revenir progressivement, estime Nomura. Les Japonais ont d'ailleurs démontré un fort appétit pour la dette française en janvier. Certaines banques européennes pourraient aussi être acheteuses.

Source : Les Echos


Le dynamisme de l'épargne salariale bientôt renforcé par la loi Pacte - 02/04

Pour la première fois depuis 2011, les encours détenus en épargne salariale ont reculé en 2018, à 125,5 milliards d'euros (-4,6 % en un an). Mais cette baisse apparente est trompeuse. « L'année 2018 a en réalité été très bonne, juge Cécile Besse Advani, directrice de la stratégie et du développement de BNP Paribas ERE. Les chiffres dynamiques en matière de collecte et l'augmentation du nombre d'entreprises et de salariés équipés ne se reflètent pas dans les encours à fin d'année, du fait du point bas touché sur les marchés fin 2018. »

Les sommes versées sur les plans d'épargne entreprise (PEE) et les plans d'épargne pour la retraite collectifs (PERCO) ne cessent de progresser : 15,2 milliards d'euros de flux entrants en 2018, soit 30 % de plus qu'il y a 5 ans. Et la baisse des retraits a même permis en 2018 de retrouver une collecte nette positive (1,5 milliard) après trois années de solde négatif. « Un élément positif observé en 2018 est la hausse significative des versements volontaires en épargne salariale, estime Sébastien d'Ornano, président de Yomoni. Cela indique que les salariés comprennent de mieux en mieux les dispositifs. En revanche, il existe toujours une vraie . Ces dernières restent rarement équipées et, quand elles le sont, c'est au travers de produits peu compétitifs. »

Caractère non obligatoire des dispositions de la loi Pacte

C'est justement ce qu'entend changer la loi Pacte . « Elle supprime le forfait social, qui était de 20 %, sur l'intéressement versé par les entreprises de moins de 250 salariés. Et pour celles de moins de 50 salariés, cette suppression de charge est même étendue à la participation et à l'abondement. C'est un signal fort en faveur d'une démocratisation de l'épargne salariale », juge Xavier Collot, directeur de l'épargne salariale et retraite d'Amundi. De son côté, Christian Borsoni, directeur de BNP Paribas ERE, note le caractère non obligatoire des nouvelles dispositions. « La loi Pacte incite, sans contrainte, tout le tissu économique des entreprises de moins de 250 salariés à s'équiper. Le fait qu'on supprime un impôt est assez rare pour être noté et on peut se féliciter des objectifs ambitieux del'état qui vise à doubler d'ici à fin 2020 le nombre de salariés de PME couverts par un dispositif d'épargne salariale », indique-t-il.

Un tel dispositif devrait permettre de rallier à la cause de l'épargne salariale certains prescripteurs naturels. « Certains experts comptables étaient réticents sur l'épargne salariale. Désormais, ne pas parler à leur clientèle de TPE/PME du forfait social à zéro, le plus efficace dans tous les cas, de figure revient quasiment à un défaut de conseil », estime ainsi Olivier de Fontenay, associé-fondateur d'Eres.

Un secteur oligopolistique

Le secteur de l'épargne salariale reste assez oligopolistique : les trois premiers acteurs, Amundi en tête, concentrent 73 % des actifs sous gestion et cette proportion ne fait qu'augmenter. La loi Pacte peut-elle rebattre les cartes ? Stimuler la concurrence entre gestionnaires d'actifs et assureurs, notamment en supprimant les frais de transfert des plans au bout de 5 ans de détention, fait en tout cas partie de ses ambitions, à côté du développement de produits plus attractifs et de l'harmonisation des principaux systèmes d'épargne retraite (article 83, PERP, Madelin, PERCO). On peut donc espérer voir apparaître en épargne salariale des offres enrichies, qui restaient souvent jusqu'ici l'apanage des salariés des grandes entreprises.

« La loi Pacte va faciliter la diversification des fonds d'épargne salariale. Les ordonnances préciseront sous quelle forme, probablement avec de l'immobilier ou du capital investissement, explique Alexis de Rozières, chez Eres. Huit FCPE (fonds commun de placement d'entreprise) du marché intègrent déjà des OPCI organisme de placement collectif immobilier) mais deux seulement, dont le nôtre, vont au-delà au delà de 10 %. » Sans doute, il faudra encore quelques mois d'attente avant que tous les textes relatifs à la nouvelle législation soient finalisés, mais les ingrédients de la croissance sont là. « Le contexte est en train de changer, conclut Cécile Besse Advani. La loi Pacte est fondatrice d'une réforme plus large des retraites. Il y a un momentum de quelques années au cours desquelles les entreprises vont devoir revoir la manière dont elles rémunèrent leurs collaborateurs. »

Source : Les Echos


Les gestionnaires d'actifs se préparent au Brexit - 19/02

A quelques semaines de la date butoir du 29 mars, les régulateurs et les gestionnaires d'actifs se préparent au Brexit. Le 31 janvier dernier, le régulateur britannique, le FCA (« Financial conduct authority »), a annoncé qu'il avait conclu plusieurs protocoles d'accord en ce sens, avec l'autorité européenne des marchés financiers (ESMA) et avec les autorités des 27 états membres. De quoi permettre aux superviseurs européens et britannique de continuer à coopérer. Ces derniers se sont en particulier engagés à poursuivre les échanges d'informations sur les institutions financières qui opèrent sur leurs différents marchés. 

Depuis environ six mois, l'AMF indiquait aux  professionnels de la gestion d'actifs qu'ils pouvaient compter sur un accord entre l'UE et le Royaume-Uni. Celui-ci ne constitue donc pas vraiment une surprise. Il s'agit néanmoins d'une étape décisive pour le secteur financier, puisque la continuité est désormais assurée, même en cas de sortie sans accord. 

 

La délégation de gestion reste possible

Le principal risque pour l'industrie de « l'asset management » était qu'un Brexit désordonné mette fin aux possibilités de « délégation », ce mécanisme très apprécié qui permet aux sociétés de gestion de confier une partie de leurs encours à des gérants tiers, parfois situés dans un autre pays. Anticipant une issue favorable des discussions entre l'Esma et le FCA,  le britannique M&G avait, de longue date, pris la décision de transférer au Luxembourg les fonds commercialisés auprès de la clientèle européenne, tout en maintenant leur gestion à Londres.

« Les gestionnaires d'actifs français ne doivent pas sous-estimer les conséquences du Brexit, qu'elles soient directes ou indirectes  », expliquent Philippe Sourlas et Greggory Marty à la direction de la gestion d'actifs de l'AMF. Le Brexit a d'abord un impact sur l'organisation des sociétés de gestion, puisque leurs succursales britanniques vont devenir des succursales de pays tiers. Dès lors, la délégation de gestion reste possible, mais elle est soumise à des exigences de substance (spécifiées par l'Esma en 2017). 

Organiser la commercialisation des fonds gérésau Royaume-Uni

Autre implication : les salariés de la société de gestion britannique (devenue délégataire de pays tiers) n'auront plus le droit de participer à la commercialisation des fonds gérées au Royaume-Uni. Les sociétés de gestion devront donc s'organiser autrement. « La société britannique ne bénéficiant plus du passeport européen, elle ne pourra plus distribuer de services d'investissement dans les pays de l'UE. » Enfin, de la même façon, les sociétés de gestion françaises qui fournissent aujourd'hui des services d'investissement transfrontaliers ou pratiquent la gestion sous mandat depuis la France pour des clients au Royaume-Uni devront « revoir leur dispositif ». 

Deuxième série de conséquences : au niveau des stratégies d'investissements et de l'actif de certains fonds ou mandats. Les gérants habitués à investir dans des actifs britanniques n'échapperont pas à une revue détaillée de l'ensemble de leurs portefeuilles. « La requalification en FIA [fonds d'investissement alternatif] de pays tiers peut avoir des conséquences en fonction des règles d'investissement des fonds et des mandats  », préviennent Philippe Sourlas et Greggory Marty. Certaines caisses de retraites demandent par exemple qu'une part minimale de leurs actifs soient investis dans des titres d'entreprises de l'Union européenne. 

Les fonds éligibles au PEA devront choisir

Quant aux fonds éligibles au PEA, ils devront choisir. Soit revoir leurs investissements pour le rester. Les fonds français sont en effet éligibles au PEA à condition que leur actif soit à plus de 75 % composé de titres de sociétés dont le siège social est situé dans l'UE ou l'EEE. Soit renoncer à cette éligibilité.  « L 'ordonnance publiée le 7 février dernier aborde le sujet du PEA. Elle prévoit en particulier une période de transition pour le stock de titres », précise-t-on à l'AMF. L'enjeu : éviter des ventes précipitées, susceptibles de devenir des ventes « à la  casse ». « Lorsque les gérants d'actifs ne respectent plus leur ratio - qu'il soit contractuel dans le cas des mandats ou réglementaire -, ils doivent régulariser en veillant en premier lieu à préserver l'intérêt des porteurs. »


2019 sera l'année du redressement des actions, selon Natixis - 02/01

2018 restera comme  la pire année boursière depuis 10 ans . En témoigne l'indice MSCI World qui a perdu 10,44 % de sa valeur l'an dernier, ramenant son cours au plus bas depuis mai 2017. De quoi ternir le bilan d'un indice - dominé par les actions américaines - qui restait sur un gain de 53 % entre février 2016 et fin janvier 2018. Et la  tonalité des experts pour 2019 restait plutôt prudente dans un contexte de retour de la volatilité, de l'aversion pour le risque et de réduction des liquidités des banques centrales.

 

Pourtant, peu avant les 12 coups de minuit, une voix s'est élevée, apportant une lueur d'espoir pour les investisseurs marqués par une année complexe et agitée. « Vers un rallye sur les marchés financiersen 2019 ». C'est le titre, comme une promesse, d'une note publiée le 31 janvier par Patrick Artus, chef économiste chez Natixis.

Hypothèse d'une récession

A 67 ans, le membre du Cercle des économistes s'est penché sur l'état des marchés financiers et sur la déprime qui les touche depuis un trimestre (le MSCI World a chuté de 13,74 % au dernier trimestre 2018, sa pire performance depuis septembre 2011). Une dépression « compatible avec l'hypothèse d'une récession en 2019 », constate Patrick Artus.

Depuis plusieurs semaines, les investisseurs s'inquiètent des conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Celle-ci a déjà affecté le  dynamisme de l'économie chinoise et pèse sur la confiance des investisseurs, mais aussi des  chefs d'entreprise aux Etats-Unis . Selon le dernier sondage, de décembre, réalisé par Bank of America Merrill Lynch, 53 % des 243 gérants interrogés (ils pèsent ensemble 694 milliards de dollars d'actifs sous gestion) pensent que l'économie mondiale va faiblir dans les 12 prochains mois. Un niveau jamais vu depuis octobre 2008. En net, c'est-à-dire la différence entre ceux qui misent sur un ralentissement et ceux qui n'y croient pas.

 

Patrick Artus fait partie des premiers. Il pense qu'il y aura « un ralentissement cyclique, un scénario de soft landing », mais pas une « récession ». Seuls 9 %, en net, des sondés par BofA ML, attendent d'ailleurs une récession à 12 mois. Un niveau qui reste relativement faible, notamment aux Etats-Unis qui pourraient enregistrer cette année le plus long cycle de leur histoire (en durée, pas en puissance).

Excès de pessimisme

Les marchés pécheraient par excès de pessimisme ? Patrick Artus n'est pas loin de le penser. En tout cas, il juge que les investisseurs « surestiment les risques », qui sont certes nombreux « mais avec une gravité nettement inférieure à ce qui est anticipé par les investisseurs » : Brexit, guerre commerciale, recul de la liquidité, endettement des entreprises, sans oublier les tensions entre Rome et Bruxelles. « Les marchés financiers croient que certains pays (Italie) peuvent sortir de l'euro, ce qui est impossible », en raison de la « taille énorme des dettes extérieures brutes essentiellement en euros des pays de la zone euro ».

Par ailleurs, les investisseurs n'ont pas « pris en considération les facteurs de soutien de l'activité », qui sont eux aussi nombreux. « Taux d'intérêt bas, politiques budgétaires expansionnistes, absence d'inflation, hausse de la profitabilité des entreprises et solidité de leur situation financière », détaille l'économique.

Vers un rallye en 2019 ?

Les feux d'artifices du Nouvel An auront-ils balayé les craintes récessionnistes des investisseurs ? « Lorsqu'ils passeront d'un scénario de crise à un scénario de ralentissement cyclique, il y aura un rallye sur les marchés financiers avec un recul fort de toutes les primes de risque » veut croire, optimiste, Patrick Artus, qui avait reconnu s'être trompé sur l'ampleur de la crise en 2008, en raison de la  faillite retentissante de Lehman Brothers.

Après une fin d'année où les marchés ont tout vu, ou presque, en noir, un début d'année positif n'est pas à exclure. Le traditionnel rallye de fin d'année a mis du temps à émerger, mais il a fini par arriver dans la hotte du Père Noël : depuis le 25 décembre, l'indice MSCI World a repris près de 5 %. Pourra-t-il s'étirer en 2019 ?

On aura peut-être une première indication lors de l'ouverture de la saison des résultats aux Etats-Unis.

Source : Les Echos


Quatre questions clés pour les marchés en 2019 - 18/12

1) La menace d'une récession se fait plus pressante

L'an prochain, la croissance mondiale devrait se situer entre 3,6 et 3,8 % selon les estimations. « Pas de quoi paniquer, constate Aurel BGC. On parle d'un ralentissement, pas d'un retournement. » Pour le Credit Suisse, « le cycle économique devrait rester le principal moteur des marchés », la banque jugeant limité le risque de contraction. Goldman Sachs évoque de son côté une croissance mondiale « raisonnable et une activité hors des Etats-Unis qui pourrait même accélérer un peu », notamment dans les grands pays émergents.

Si la croissance mondiale va rester peu ou prou la même en intensité, sa composante va changer. L'écart de croissance entre les pays émergents et les pays développés devrait de nouveau se creuser, avec le ralentissement attendu des Etats-Unis et la  confirmation de l'affaiblissement de l'Europe . « On observe de nouveau une convergence économique, mais dans le mauvais sens, avec beaucoup de mauvaises surprises sur les statistiques », constate Vincent Juvyns chez JP Morgan AM, qui se dit très prudent sur les six premiers mois de l'année. « Ensuite certains éléments seront plus positifs - dont l'impact de la relance en Chine. »

La Chine est, justement, avec les Etats-Unis, le  principal point d'interrogation macroéconomique en 2019. La Chine, « va faire face à l'impact de la hausse des tarifs douaniers et a besoin de contrôler la hausse de l'endettement », rappelle UBS. Son plan de relance sera-t-il aussi efficace que par le passé ? Les statistiques le diront assez vite. Autre inconnu : les Etats-Unis. L'effet de la réforme fiscale de Donald Trump va s'estomper et la  hausse des taux de la Fed commence à produire un effet sur le marché immobilier. Les économistes anticipent encore une croissance entre 2,2 et 2,6 % en 2019, mais la Société Générale voit celle-ci tomber à 0,4 % en 2020. Avec ce sentiment : « la récession américaine arrive, même si elle est un peu retardée ».

 

C'est d'ailleurs la question qui va agiter les marchés tout au long de l'année. « Les craintes de récession sont le principal facteur de risque pour 2019 », juge BlackRock. S'il n'est pas imminent, il devrait grossir au courant de l'année pour « devenir important en 2020 ». Pour l'heure, aucun des grands bureaux d'analyse ne croit à une récession en 2019 et sans doute pas avant la fin 2020. Groupama AM et Lyxor AM s'accordent sur ce point, car l'économie américaine ne montre pas d'excès sur l'investissement, l'immobilier, ou de surstockage.

A moins d'un accident. Bank of America Merrill Lynch s'inquiète par exemple des « politiques populistes qui vont entraîner une hausse des déficits budgétaires et une augmentation des risques inflationnistes ».La BRI (Banque des règlements internationaux) met aussi en garde contre « les fragilités financières », liées à l'endettement des entreprises. Elle rappelle d'ailleurs que le ralentissement économique du début des années 1980 avait « davantage été dû à un boom des marchés financiers qui a mal tourné qu'à des resserrements monétaires » visant à contenir l'inflation. D'autant que, dans un contexte de baisse du prix du pétrole, celle-ci suscite moins de crainte que début 2018.

Dans ce concert relativement optimiste, quelques voix dissonantes s'élèvent.  Pimco a relevé à 30 % la probabilité d'une récession à 12 mois , estimant que « les voyants sont à l'orange ». Invesco a remonté la sienne à 25 % (15 % l'an dernier), dans un contexte de hausse de l'inflation, de taux plus élevé et de hausse des rendements obligataires. Et à ceux qui pensent que 2020 est une échéance lointaine, Goldman Sachs rappelle que depuis 1928, une fois sur quatre, l'indice S&P 500 a perdu plus de 10 % les années précédant une récession.

2) Des risques politiques et géopolitiques toujours présents

Après une année 2018 marquée par un agenda politique chargé, 2019 s'annonce aussi comme une année potentiellement agitée. Pour illustrer ce qui attend les marchés l'an prochain, UBS évoque un océan plein d'icebergs, avec beaucoup de défis politiques. Des élections en Inde, en Afrique du Sud, en Grèce, au Canada et en Argentine, mais c'est la zone euro qui devrait concentrer l'essentiel des rendez-vous en attendant le démarrage de la campagne présidentielle américaine en fin d'année.

Outre le Brexit et les relations potentiellement conflictuelles entre Bruxelles et Rome, le temps fort interviendra au premier semestre, du 23 au 26 mai, avec les élections du parlement européen. Une forte poussée des mouvements populistes pourrait faire remonter les incertitudes, en partie parce qu'elle serait perçue par les investisseurs comme une remise en cause de la zone euro. Sans que l'on puisse toutefois parler d'une crise à la hauteur de celle de 2012, le parlement ayant peu de pouvoirs.

L'appétit pour le risque en Europe devrait rester limité « tant que la crise budgétaire italienne ne sera pas résolue, une crise qui pourrait être plus profonde en 2019 », estime Goldman Sachs. Pour BlackRock, les marchés pourraient « sous-estimer les risques européens à moyen terme, alors que le risque de guerre commerciale semble mieux refléter dans les cours ». Barclays se veut plus positif. La banque « assume ne pas voir une aggravation significative du politique alors que la baisse des valorisations boursières et les sorties de capitaux ont déjà été très fortes ».

Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis,  élément moteur de la correction des marchés boursiers depuis l'été , ne doivent pas non plus être sous-estimées. Surtout que Washington n'a fait que repousser l'échéance pour la signature d'un accord commercial à mars prochain. Une trêve ne signifie pas la fin de la guerre et UBS constate que « les tensions entre les Etats-Unis et la Chine semblent plus profondes que de simples désaccords commerciaux ». Surtout alors que se profile le début de la campagne présidentielle américaine, avec un Donald Trump plus remonté et imprévisible que jamais.

Dernier risque, mais il est latent quasiment tous les ans, celui d'un embrasement au Moyen Orient qui pourrait précipiter le prix du pétrole à un niveau difficilement supportable pour des économies en fin de cycle.

3) Des bénéfices moins bien orientés

En 2018, les profits des entreprises du S&P 500 vont bondir de plus de 20 %. Une flambée qui aurait dû nourrir la hausse de Wall Street.  Ce fut le cas jusqu'à l'été . Mais depuis quelques semaines, les investisseurs angoissent plutôt sur la fin d'une époque qui a porté les marges des entreprises à un niveau record. Les analystes ont déjà commencé à revoir en baisse les prévisions de résultats 2019 à +8 % pour Wall Street et + 6 % pour la zone euro. Bank of America Merrill Lynch anticipe ainsi un « fort ralentissement de la croissance des bénéfices en 2019, la hausse des profits mondiaux devrait décliner de 15 % à moins de 5 % ». Et le risque est grand de voir ses prévisions revues en baisse tout au long de l'année. Morgan Stanley, l'un des plus prudents, évoque même une probabilité supérieure à 50 % d'avoir une « modeste contraction des résultats ».

Mais tous ne sont pas aussi négatifs. Goldman Sachs attend une croissance de 6 % des bénéfices par action aux Etats-Unis et de 4 % en 2020, avec « beaucoup de dispersion selon les secteurs ». La banque reconnaît que les perspectives de marges vont être « mises au défi »,entre la hausse du coût des matières premières, des dépenses de logistiques et d'inflation salariale, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre aux Etats-Unis, mais aussi dans certains pays européens. Sans oublier la guerre commerciale qui pourrait aussi accroître la pression sur les marges. La capacité des entreprises à augmenter leur prix sera une nouvelle fois primordiale.

Christophe Donay chez Pictet WM est un peu plus positif, puisqu'il attend une croissance de 8 à 9 % des profits du S&P 500 et de 6 à 7 % pour le STOXX Europe 600. Mais pour le stratégiste, cela pourrait aussi dépendre de l'évolution du prix du pétrole, étant donné le poids du secteur dans les indices américains ou même français.

Enfin, les résultats des entreprises dépendront aussi et surtout de la croissance. Pour Carmignac, « un des risques principaux pour les marchés d'actions, peut-être plus encore plus aux Etats-Unis qu'en Europe, est que la confirmation du ralentissement économique ait un effet sur les résultats des entreprises, amplifié par le degré de levier financier accumulé depuis 10 ans ». Beaucoup d'entreprises très endettées, notamment dans l'énergie, pourraient être fragilisées en cas de ralentissement plus fort que prévu de l'activité. UBS se montre plus optimiste. Les profits devraient certes croître à un rythme plus modéré, mais Mark Haefele souligne qu'un « léger ralentissement de la croissance économique n'est pas synonyme de croissance nulle ». Il anticipe donc une hausse de 4 % des bénéfices par action aux Etats-Unis et de 5 % dans la zone euro.

La saison des résultats aux Etats-Unis, dès la mi-janvier, devrait commencer à donner le ton. Les investisseurs seront surtout sensibles aux discours des chefs entreprises, fortement marqués au troisième trimestre par les premières conséquences de la guerre commerciale et par le manque de visibilité sur l'économie.

 4) Bien gérer la sortie des banques centrales

2018 a été marquée par le regain de volatilité et ce n'est pas près de s'arrêter. « Un changement de régime est à l'oeuvre », constate Frédéric Janbon chez BNP Paribas AM et la finance rentre dans une deuxième phase caractérisée par « le retrait progressif des mesures non conventionnelles, une hausse généralisée des taux directeurs et la réduction du bilan des banques centrales au niveau agrégé ». Cet arrêt progressif du soutien monétaire sans précédent, « bien que soigneusement contrôlé et clairement annoncé, est par nature source d'incertitude », poursuit celui-ci... Ce qui entraîne une « volatilité plus élevée et des conditions de marché moins favorables.

Pour la première fois depuis dix ans, les marchés ne seront en effet plus soutenus par des politiques monétaires accommodantes, rappelle BlackRock, qui estime aussi que la Fed devrait devenir moins prévisible. Les conditions financières vont se resserrer, « ce qui présente une difficulté pour les actifs risqués. Même si les taux devraient rester bas dans la zone euro et même si la Fed semble se rapprocher de la fin de sa hausse des taux. L'argent gratuit en dollar, c'est fini », avertit Sami Shaar chez Lombard Odier. « L'environnement sera plus compliqué, il ne pardonnera plus les excès. » Cela s'est déjà traduit par le dégonflement des valorisations de certains secteurs, comme la technologie américaine.

La réduction des liquidités sur le marché - UBS rappelle que 2019 « sera la première année depuis la crise de 2008 où le bilan des banques centrales sera, en fin d'année, inférieur à ce qu'il était en début d'année » - a déjà eu un effet via les flux des investisseurs qui fuient les marchés les plus risqués (actions émergentes, actions européennes, obligations « high yield ») au profit notamment des emprunts d'Etat américains et surtout  des fonds monétaires .

Les retraits de liquidités des banques centrales devraient donc maintenir la volatilité en éveil et selon BofA ML, elle pourrait même s'accroître, du fait « de l'impuissance politique et des incertitudes qui vont avec et de l'augmentation de la probabilité d'une récession ». On peut donc s'attendre à des mouvements plus brutaux sur les marchés. En 2018, Wall Street a enregistré 14 séances de baisse ou de hausse de plus de 2 %, contre 0 en 2017 (et même 27 pour le Nasdaq contre 3 en 2017). Les investisseurs ont tout intérêt à avoir le coeur bien accroché en 2019.

Sources : Les Echos


Rebond de l'assurance-vie en octobre - 27/11

L'assurance-vie repart de l'avant. La collecte nette (cotisations moins prestations) a atteint 2,5 milliards d'euros en octobre, selon les chiffres publiés mardi matin par la Fédération française de l'assurance, après  un mois de septembre un peu en retrait (800 millions d'euros). Il s'agit de la deuxième meilleure performance mensuelle de l'année, derrière celle du mois de juillet (2,6 milliards d'euros).

Sur les dix premiers mois de l'année, le solde est déjà positif de 20,4 milliards d'euros. Un montant presque deux fois et demi supérieur à la collecte nette réalisée sur toute l'année 2017.

L'assurance-vie bénéficie en 2018 d'un double mouvement favorable. Sur dix mois, le volume des prestations versées aux titulaires des contrats et à leurs ayants droit (97,4 milliards d'euros sur dix mois) est moindre que sur la même période de 2017. La collecte brute (c'est-à-dire les cotisations encaissées par les compagnies d'assurances) se tient par ailleurs bien, à 117,8 milliards d'euros depuis le début de l'année.

Un encours total toujours en hausse

Dans le même temps, la part des unités de compte (UC) dans la collecte s'est un peu effritée depuis cet été. Elle n'était plus que de 28 % à fin octobre, alors qu'elle culminait à 30 % fin juin. La volatilité des marchés financiers n'incite, semble-t-il, pas les épargnants, traditionnellement adverses au risque, à trop se diriger vers ces supports pour partie investis en actions et qui n'offrent pas la garantie de récupérer sa mise de départ.

Ce coup de frein ne fait pas les affaires des assureurs. Ceux-ci cherchent en effet précisément à réorienter la collecte vers les UC, qui leur demandent d'immobiliser moins de capitaux réglementaires que les fonds euros donnant la garantie du capital à tout moment.

A fin octobre, le montant total de l'encours de l'assurance-vie était toujours en progression (+1 %, à 1.701 milliards d'euros).

Sources : Les Echos


Un « hard Brexit » plongerait le Royaume-Uni dans la récession, selon S & P - 31/10

Alors que la perspective d'un « hard Brexit » se profile, les études alarmistes concernant l'impact d'une telle issue sur l'économie britannique se multiplient. La semaine dernière, le plus ancien institut de recherche économique indépendant du Royaume-Uni anticipait  un trou d'air de la croissance en 2019 . Aujourd'hui, les économistes de l'agence de notation S & P sont encore plus sombres.

Selon eux en effet, en cas d'absence d'accord entre Londres et Bruxelles, l'économie britannique se retrouverait en récession l'an prochain. Avec un PIB qui accuserait un recul de 1,2 % et de 2,5 % en 2020 . La croissance reviendrait en 2021 avec une hausse du PIB de l'ordre de 1,2 %.

Chute des prix de l'immobilier

L'entrée en récession du Royaume-Uni aurait des effets dévastateurs sur la vie des Britanniques. Le taux de chômage, qui se situe aujourd'hui au niveau historiquement bas de 4 %, remonterait en flèche pour atteindre 7,4 % en 2020. L'inflation, de son côté, se redresserait aussi fortement pour atteindre un pic de 4,7 % à la mi-2019. Tandis que la consommation accuserait, elle, une baisse de l'ordre de 1,8 % en 2019 et de 2,7 % l'année suivante.

Dans le même temps, l'immobilier serait durement touché, avec une chute des prix des maisons de 10 % en deux ans. A Londres, c'est l'immobilier d'entreprise qui serait durement impacté avec une dégringolade de près de 20 % du prix des bureaux au cours des deux ou trois prochaines années. Un choc comparable à celui subi par le secteur lors de la crise financière de 2008.

Source : Les Echos


L'environnement économique chamboule les plans de BNP Paribas et Société Générale - 31/10

« Si j'avais une boule de cristal, je saurais. » La réponse du directeur financier de BNP Paribas, Lars Machenil à la question de l'agence Bloomberg sur la capacité de la banque à atteindre ses objectifs de croissance dans la banque d'investissement, d'ici à 2020, n'a visiblement pas satisfait les investisseurs.

Mardi, le titre de BNP Paribas a accusé la plus forte baisse du CAC40 (- 2,80 %) après des publications trimestrielles contrastées. Le titre a entraîné dans son sillage celui de Société Générale et des autres banques françaises, confortant la tendance observée depuis janvier : l'indice bancaire européen a reculé de 22,49 % depuis début 2018.

Doutes des marchés

Le trou d'air de BNP Paribas dans les métiers de taux, change et matières premières - ses revenus y ont reculé de 15 % au troisième trimestre - nourrit en particulier les doutes du marché. D'autant que la banque affiche une baisse de ses revenus de 0,8 % depuis le début de l'année. Son objectif initial visait 2,5 % de croissance annuelle moyenne.

« Nous attendons une révision de la feuille de route de BNP Paribas au quatrième trimestre 2018. Le management a rappelé qu'il concentre ses efforts sur l'objectif d'atteindre 10 % de rentabilité des capitaux propres (ROE), plutôt que sur celui d'atteindre son coefficient d'exploitation cible », estiment sans détour les analystes de Jefferies.

 

A ce stade, BNP Paribas n'a toutefois pas changé ses plans pour 2020. « Un plan stratégique n'est pas forcément linéaire en termes de croissance d'où l'importance d'avoir un modèle diversifié », font valoir des sources proches de la banque.

Courbe des taux d'intérêt défavorable

Société Générale publie ses comptes trimestriels la semaine prochaine mais elle n'est pas non plus exempte de doutes sur sa capacité à tenir ses promesses dans un environnement devenu plus ardu pour les banques. « La courbe des taux d'intérêt ne s'est pas relevée au niveau anticipé par les plans stratégiques arbitrés en 2017. Cela a forcément un impact sur toutes les banques de détail », confirme un spécialiste. Cet été, Société Générale a d'ores et déjà prévenu qu'elle n'arrêterait finalement pas l'érosion de ses revenus de banque de détail en France en 2018. Ils devraient  plutôt reculer de 1 voire 2 %, avait alors indiqué la banque de la Défense.

A ce stade, la banque n'a pas touché à sa feuille de route pour 2020. Fin septembre à Londres, son nouveau directeur financier, William Kadouch-Chassaing a toutefois précisé lors d'une rencontre avec des analystes que Société Générale ne s'interdisait pas « quelques ajustements tactiques à la fin de l'année », comme rapportent les analystes de Credit Suisse. « Le management pourrait décider de remettre la banque sur les rails de ses plans avec des réductions de coûts ou des réallocations de capital », estime encore Jean-Pierre Lambert, chez Keefe, Bruyette & Woods. La banque n'a pas souhaité commenter.

Consolidation en ligne de mire

Pour  Frédéric Oudéa , ces questions stratégiques interviennent alors que le renouvellement de son mandat de directeur général doit être avalisé par l'assemblée générale des actionnaires au printemps 2019. S'il espère les rassurer en arrachant prochainement un accord avec Washington, qui l'accuse d'avoir violé des embargos américains, le patron doit encore convaincre les marchés de la pertinence du modèle de Société Générale. Un élément clef pour permettre au groupe de jouer un rôle actif dans la consolidation bancaire à l'échelle européenne.

Si les banquiers s'accordent à penser que le marché n'est pas mûr pour des opérations transfrontalières, ils s'y préparent néanmoins dans un horizon de l'ordre de dix-huit mois. « Toutes les banques regardent tout en ce moment. Mais il faut faire ce genre d'opérations avec plus de rentabilité et une capitalisation élevée », estime un banquier.

Sources : Les Echos


En dix ans, les risques de contagion entre banques ont diminué- 16/08

La nouvelle est de bon augure à l'heure où les investisseurs se demandent si la crise des monnaies émergentes  pourrait se propager au secteur bancaire  : en dix ans, les risques qu'une tempête ne se diffuse de banque en banque se sont réduits, sans pour autant disparaître.

C'est ce qui ressort de données publiées cet été dans un article du Bulletin de la Banque de France (1), et portant sur un échantillon de neuf banques européennes (UniCredit, KBC, BBVA, Erste, ING, Barclays, BNP Paribas, UBS et Deutsche Bank). Premier constat, les banques prêtent moins aux autres banques, et détiennent moins d'actions ou d'obligations d'autres banques.  Or, les prêts interbancaires - si l'emprunteur fait défaut - comme la détention de titres - si leur valeur dégringole - restent des canaux directs de transmission de crise.

En dix ans, les risques de contagion entre banques ont diminué

Plus précisément, en 2008, les actifs interbancaires représentaient pour ces neuf établissements 5,5 % du total de leurs actifs. Dix ans plus tard, ce ratio tourne autour de 4 %. Deux d'entre elles - UniCredit et KBC - demeurent tout de même exposées à plus de 8 % de leurs actifs, selon l'étude. A l'inverse, l'exposition d'UBS et de Deutsche Bank paraît très faible, inférieure à 2 %. Pour les banques de la zone euro, l 'intervention de la BCE, qui a facilité depuis la crise l'injection de liquidités , explique pour partie cette capacité plus forte d'autofinancement.

Redresser la barre

Autre critère permettant de mesurer le risque d'effet domino entre grandes banques : la dépendance - plus ou moins forte - aux ressources hors dépôts. Plus la banque attire de dépôts, moins elle dépend de moyens de financement externes (emprunt sur les marchés, autres banques...) réputées moins stables. Ainsi en 2008, pour chaque euro de dépôt à leur passif, les neuf groupes bancaires de l'échantillon comptaient en moyenne 2,5 euros de ressources hors dépôts. Dans le cas de Deutsche Bank, Barclays et UBS, le « hors dépôt » s'élevait même à 4,5 euros pour chaque euro déposé par les clients.

 

Les neuf banques de l'échantillon ont totalement redressé la barre puisque, dans le passif, dépôts et hors dépôts se situent désormais à égalité. Cette situation peut s'expliquer par la mise en place de nouvelles réglementations imposant aux banques de se soucier de la stabilité de leurs ressources, mais surtout par l'extrême faiblesse des taux d'intérêt qui poussent les épargnants à laisser dormir leurs liquidités sur de simples comptes courants, en France en particulier.

Portefeuilles similaires

Les effets de contagion indirects restent plus complexes à mesurer, comme par exemple lorsque les banques cessent brutalement de se faire confiance et refusent d'accorder un prêt à leurs homologues. Autre risque plus diffus, le « recoupement de portefeuille » décrit une situation dans laquelle les établissements détiennent, chacun de leur côté, des portefeuilles d'actifs similaires, comme de la dette d'Etat ou des actions.

« Les établissements en difficulté cherchent à se désendetter et à céder des actifs », ce qui se fait dans de mauvaises conditions étant donné l'urgence de la situation, soulignent les auteurs de l'article. « Les autres établissements détenant les mêmes actifs subissent alors des pertes puisque ces actifs sont valorisés aux prix du marché dans leurs bilans ».

(1) Les instruments de politique macroprudentielle : un rempart contre les risques de contagion interbancaire


La course à la meilleure offre digitale est lancée - 05/07

Directement à la première place.  Quelques mois après son lancement- retardé afin de présenter une expérience client sans couture -, Orange Bank arrive en tête d'un classement des banques présentant la meilleure « digitalisation des parcours et des offres ». Lancé l'an dernier par  l'agence de notation D-Rating , axée sur la performance numérique, ce score agrège plus de 400 critères et porte sur 18 banques et deux établissements de paiement.

La banque mobile de l'opérateur téléphonique dépasse d'une courte tête la néobanque allemande N26, première l'an passé. Au sein des banques en ligne et traditionnelles, les scores évoluent peu, à l'exception du Crédit Mutuel de Bretagne (Arkéa) qui grimpe en un an de la 14e à la 8e position. Egalement dans la galaxie Arkéa, la banque en ligne Fortuneo progresse elle aussi, en 4e position, juste derrière Boursorama.

Réduction des délais

Au-delà de ce « concours de beauté », l'étude révèle que toutes les banques sont en train de mettre à niveau leurs offres digitales. Cela s'observe en particulier dans le mode de souscription d'un compte courant. L'an dernier, la souscription 100 % numérique - c'est-à-dire jusqu'à la signature finale - n'était possible que pour 39 % du panel étudié par D-Rating, contre 61 % un an plus tard.

 

Autre signe d'amélioration, à panel constant, les délais nécessaires pour obtenir un compte, un moyen de paiement et pouvoir faire des virements se sont réduits en moyenne de 15 %. Parmi les acteurs disposant d'une licence bancaire, le délai va de quatre à cinq jours pour les plus performants (N26, Orange Bank, Crédit Mutuel tout comme le Crédit Mutuel de Bretagne) et jusqu'à 15 jours et plus pour HSBC France, Crédit du Nord, La Banque Postale et BNP Paribas.

Davantage de fonctionnalités

Autre point d'amélioration, sur 20 fonctionnalités liées à la gestion du compte et aux opérations de paiement, le nombre de fonctionnalités a augmenté de 12 % sur un an, selon les auteurs de l'étude. BNP Paribas, numéro un des acteurs traditionnels dans le classement, domine par le nombre total de fonctionnalités disponibles (30), suivie par Boursorama, Fortuneo, ING Direct et N26 (28 fonctionnalités). LCL ou Crédit du Nord ne comptent que 13 fonctionnalités.

 

Ces réalisations s'inscrivent dans le chantier plus large de la refonte des parcours clients . L'objectif est double pour les banques : tout d'abord soutenir l'activité « via la fidélisation des clients existants, la conquête d'une nouvelle génération de clients et la souscription facilitée », souligne D-Rating. Ensuite, « poursuivre les efforts » en matière de réduction de leurs coûts « via des processus métiers optimisés et des processus automatisés ».

Source : Les Echos


Crédit : les autorités françaises forcent les banques à la prudence - 12/06

La France veut obliger les banques à être plus fourmis que cigales. Lundi, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), le comité français en charge de la robustesse du système financier, a relevé les exigences minimales de fonds propres des banques en demandant à ces dernières de constituer d'ici à un an un coussin contracyclique à hauteur de 0,25 % des actifs pondérés par les risques sur certaines expositions. C'est la première fois que la France a recours à cet outil, prévu par les régulations bancaires adoptées après la crise et déjà utilisé dans d'autres pays européens, notamment au Royaume-Uni.

Pourquoi cette décision ?

L'objectif de cette mesure  attendue depuis plusieurs mois est de prévenir un ralentissement de la distribution des prêts en cas de retournement du cycle économique et financier. Concrètement, le coussin oblige les banques à avoir un niveau minimal de fonds propres plus important. En cas de coup de mou économique, les autorités devraient abaisser cette exigence supplémentaire. Les banques pourront alors compter sur les réserves de fonds propres constituées jusque-là pour continuer à octroyer des prêts. Si cette précaution n'était pas prise, le risque serait que les banques décident, pour réduire leurs risques, de fermer le robinet du crédit notamment au détriment des PME.

 Pourquoi maintenant ?

Le HCSF a décidé d'agir alors que  la croissance des crédits aux entreprises et  aux particuliers en France est dynamique et que l'endettement du secteur privé par rapport au PIB est élevé. En soi, ce n'est pas considéré comme un problème par les autorités. En revanche, elles considèrent que les banques pourraient être d'autant plus tentées de freiner la production de nouveaux crédits en cas de retournement qu'elles en ont accordé beaucoup par le passé. « La décision que nous prenons aujourd'hui n'est pas un signe d'inquiétude sur le cycle économique, mais au contraire de confiance », insiste en tout cas François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.

Quel impact pour les banques ?

Techniquement, les banques vont avoir un an à partir du début du mois prochain pour constituer un coussin de fonds propres à hauteur de 0,25 % des actifs pondérés par les risques sur les expositions françaises. Sachant que les banques françaises ont déjà des niveaux de fonds propres élevés par rapport aux exigences minimales, cette mesure est censée être indolore. « Aujourd'hui, toutes les banques françaises ont une avance en capital suffisante pour que le coussin contracyclique ne les oblige pas à lever du capital », souligne le gouverneur, à l'origine de la décision. La Fédération bancaire française (FBF) a cependant fraîchement accueilli cette dernière. « Les banques ne comprennent pas la décision du HCSF », a réagi sa directrice générale, Marie-Anne Barbat-Layani en soulignant que « le crédit en France est particulièrement sûr ».

Les banques ne devraient vraisemblablement pas ralentir la production de crédits. 

Quelles conséquences pour le crédit ?

Le HCSF souligne qu'il a décidé de relever le taux du coussin contracyclique « de manière modérée ». Compte tenu de cette décision, « les banques ne devraient vraisemblablement pas ralentir la production de crédits. La concurrence est forte aujourd'hui entre les banques, cela vaut pour les crédits aux ménages et aux PME. Cette concurrence va continuer », estime le gouverneur de la Banque de France. « Nous souhaitons confirmer à nos clients l'engagement indéfectible des banques à les accompagner », se contente d'affirmer sur ce point la patronne de la FBF, qui reconnaît que la décision est « très mesurée ».

Est-ce la première action du HCSF ?

Non. Le HCSF avait  déjà réagi en fin d'année dernière à l'endettement excessif de certaines grandes entreprises . A partir du mois de juillet, les expositions des banques systémiques françaises aux entreprises les plus endettées et résidant en France ne pourront pas excéder plus de 5 % de leurs fonds propres éligibles.

Quels sont les autres points de vigilance des autorités ?

Le HCSF surveille notamment les opérations financières à effet de levier, tels que les LBO. Les autorités constatent que ce type de financement est en forte et croissance et va de pair avec un assouplissement des clauses contractuelles. Le HCSF garde aussi un oeil sur la dynamique des crédits aux ménages et notamment des crédits à l'habitat alors que les banques  assouplissent leurs conditions d'octroi face à la hausse des prix de l'immobilier. A ce stade, les autorités considèrent cependant que les risques sur ce segment de marché sont « diffus ».


La fin du QE au menu de la prochaine réunion de la BCE - 06/06

La fin du vaste programme de soutien à l'économie mené par la Banque centrale européenne depuis 2015 approche et se précise. Le chef économiste de l'institution gardienne de l'euro, Peter Praet, a confirmé que la réunion du 14 juin sera décisive pour déterminer quand les achats d'actifs (ou « QE ») s'arrêteront. En théorie le QE se termine en septembre prochain. Mais, comme l'anticipe déjà la communauté financière, il a de fortes chances d'être prolongé jusqu'en décembre à  un rythme mensuel inférieur à 30 milliards d'euros pour une sortie en douceur.

Vigueur de l'inflation

« La semaine prochaine, le Conseil des gouverneurs devra évaluer si les progrès réalisés jusqu'à présent ont été suffisants pour justifier une réduction progressive de nos achats nets », a déclaré Peter Praet lors d'un discours à Berlin. « Les signaux montrant une convergence de l'inflation vers notre objectif s'améliorent », a-t-il ajouté. Il s'est même montré convaincu qu'à moyen terme, l'inflation atteindra un niveau proche mais inférieur à 2 %. Une déclaration forte de la part de celui qui est considéré comme une « colombe », c'est-à-dire favorable à un soutien appuyé de la BCE à l'économie.

Dans la foulée de ces déclarations, la monnaie unique a pris jusqu'à 0,49 % face au billet vert à plus de 1,1770 dollar pour un euro. Le taux des emprunts allemands à 10 ans a gagné 5 points de base à 0,415 %. Si l'hypothèse d'une date annoncée lors de la prochaine réunion est prise au sérieux par le marché, elle n'est pas non plus une surprise totale, d'où une réaction modérée des investisseurs. « Pour être honnête, ce n'est pas vraiment une information nouvelle », commentent les analystes de Deutsche Bank. « Laisser le marché dans le noir jusqu'en juillet en ne disant rien n'est pas une option », détaille Neil Wilson de markets.com.Pas une surprise

 

Pour les analystes d'ING, il ne faut toutefois pas s'attendre à des précisions techniques dès la semaine prochaine. Ils parient plutôt sur  des signaux pour une fin du QE , permettant à la BCE de se ménager une marge de manoeuvre maximale. Lors de la réunion de juillet, la BCE pourrait alors dévoiler son plan.

 


Les entreprises en France sont sous la pression des banques pour sortir d'Iran - 21/05

Mardi, Bruno Le Maire et Jean -Yves Le Drian ont eu toutes les raisons d'être confiants : les quelque  soixante entreprises réunies n'ont pasannoncé leur retrait massif d'Iran, malgré  le retour des sanctions .

Les banques font cependant peser un sérieux aléa. Si ces entreprises persistent en République islamique, elles pourraient voir leurs crédits, voire leurs comptes , dénoncés en France par leur établissement bancaire . Et ce, même si celui-ci ne finance pas directement leursactivités iraniennes.

« Dans le cadre de leur activité de prêt traditionnelle, les banques ont imposé aux entreprises des clauses de respect des mesures d'embargo et de sanctions économiques comme condition à l'octroi de crédit qui sont généralement suffisamment larges, pour couvrir un éventuel durcissement de la politique américaine en la matière,  explique en effet Louis de Longeaux, avocat associé chez Herbert Smith . Ainsi, si, en raison de l'évolution de la politique de sanctions, des entreprises viennent à se trouver dans une situation où elles violeraient les sanctions applicables en raison de la poursuite de leurs activités en Iran, les banques pourraient être en droit de dénoncer ces crédits » .

Dans les conventions d' ouverture de compte également, il est souvent stipulé que  « la banque peut se réserver le droit de fermer les comptes de son client , si elle considère que celui-ci mène des activités susceptibles de faire l' objet de sanctions »,  rappelle l'associé .

Des seuils de chiffre d'affaires

Le secteur bancaire français , le plus sévèrement touché en Europe par des amendes liées aux embargos, a pris les devants. Avant même l'annonce de retrait de l' accord nucléaire par Donald Trump, des PMEse sont vues menacées de fermeture de compte si elles dépassaient uncertain seuil de chiffre d' affaires en Iran. Des flux fournisseurs ont été bloqués. Et des salariés d'entreprises détachés dans ce pays ont vuleur compte fermé d' office en France, témoignent des conseils.

Dès la mi janvier_ Donald Trump avait donné 120 jours aux Européens pour durcir l'accord sur le nucléaire_,  « nous avons observé un durcissement de la position des banques vis-à-vis de leurs clients » , confirme Augustin Huyghues Despointes, du cabinet Redbridge.  « Les départements de compliance des banques essaient d'imposer aux entreprises emprunteuses d'apporter la preuve à tout moment, à lademande de la banque, que des procédures de prévention des risques de sanctions sont mises en placeNous nous efforçons de refuser de telles contraintes » .

 

C'est que la menace pour les banques, est, elle, bien réelle. Le rétablissement des sanctions dites « secondaires » a pour conséquencede menacer  « tout acteur intervenant en Iran, d'être inscrit sur la liste noire des autorités américaines, et par voie de conséquence, toutepartie qui contracte avec lui » , rappelle-t-on au sein de l'exécutif.

Les banques instruments de la politique américaine

Les banques sont particulièrement exposées parce que leur trésorerieest fongible _elles ne peuvent pas démontrer qu'elle n'a pas servi à financer un client en Iran. Et parce qu'elles-mêmes doivent respecter des clauses d' emprunt en matière de mesures d'embargo, quand elles se financent sur les marchés.

A travers les banques , « les Etats-Unis sont ainsi parvenus d'une certaine manière à privatiser la veille et la menace de sanctions » , estime Louis de Longeaux. Et ce ne sont pas les seules. Les assureurss'y trouvent contraints aussi.

« En tant que courtier d' assurance , nous avons mis en place uncourant d'affaires avec une compagnie locale iranienne pour l'assurance des marchandises transportées vers l'Iran , explique Emmanuel Pellerin, de Cap Marine, filiale de Siaci Saint-HonoréDepuis quelques jours, notre service juridique nous demande de suspendre toute activité, dans l'attente de connaître l'étendue des sanctions. Les compagnies d'assurance qui avaient autorisé quelques opérations ponctuelles sont en train de vérifier tous les contrats existants et nous mettent en demeure d' arrêter. »

Source : Les Echos


Comment l'Iran peut rebattre les cartes - 09/05

La décision de Donald Trump de se  retirer de l'accord international sur le nucléaire iranien n'a pas, pour le moment, provoqué de tensions boursières. La Bourse de Paris a ouvert quasiment à l'équilibre mercredi matin (le CAC 40 gagnait même 0,08 % peu avant midi), alors que l'indice S & P 500 a terminé en repli de 0,03 % après avoir enregistré une réaction épidermique (-0,65 %) au moment de l'annonce. Pour les investisseurs, l'évolution actuelle du dollar et les bons résultats des entreprises importent plus que la remontée du risque géopolitique dans la région. Pour autant, la décision du président américain pourrait avoir des conséquences indirectes sur les marchés.

Pression haussière sur le pétrole

Les  cours du pétrole sont de nouveau en hausse (+2,85 % pour le Brent, à près de 77 dollars), soit un bond de plus de 15 % cette année. « Ce retrait aurait provoqué un choc bien plus important il y a un an lorsque le baril de brut était à 50 dollars », reconnaît Hasnain Malik chez Exotix Capital.

Pourtant, la plupart des analystes estiment que les marchés avaient déjà intégré l'hypothèse d'un retrait américain. La Société Générale jugeait ainsi début avril qu'un retour des sanctions américaines contre l'Iran aurait un impact haussier de 10 dollars sur le cours du Brent, dont la moitié était déjà dans les cours. Le baril valait à l'époque près de 68 dollars.


D'autant que l'impact attendu sur l'offre de pétrole est jugé limité. « On peut estimer que les ventes à l'étranger seraient réduites de 0,8 million de barils par jour (mbj), peut-être un peu plus. Rappelons qu'en 2012, dans le cadre du jeu précédent de sanctions, la baisse avait été de 1 à 1,2 mbj », rappelle Stéphane Déo, à La Banque Postale AM. Sachant que « la Chine et peut-être la Turquie et l'Inde ne seraient pas sensibles, ou pas trop, aux 'injonctions' américaines ».

Pour Mark Haefele chez UBS, le retrait des exportations iraniennes pourrait même être limité à 0,2-0,5 mbj au cours des six prochains mois, « resserrant ainsi le marché pétrolier, même si cela ne représente qu'une fraction de la production mondiale actuelle de 98 mbj ». En effet, les Etats-Unis poussent certains producteurs, dont l'Arabie saoudite, à compenser la moindre présence du pétrole iranien, pour éviter tout risque de nouveau choc pétrolier. Mais pour UBS, « malgré ces compensations, nous prévoyons quand même une pression à la hausse sur les prix reflétant une plus grande incertitude ».

Répercussion sur les actions européennes

La dénonciation de l'accord iranien est aussi une  mauvaise nouvellepour les entreprises européennes, attirées par un marché de 80 millions de consommateurs. « Disons-le tout net, le contenu de l'annonce de la Maison-Blanche est plus dur qu'attendu. A priori, il va devenir très compliqué et très risqué pour une entreprise travaillant en dollar américain de faire des affaires avec des contreparties iraniennes, reconnaît Stéphane Déo. Même si le retour des entreprises occidentales (plus européennes qu'américaines) sur les marchés iraniens avait été plutôt timide depuis trois ans (l'accord datait de juillet 2015), un certain nombre d'entre elles est concerné ».

Aurel BGC cite notamment Volkswagen, Renault-Nissan, Airbus, PSA et Total. Le courtier est persuadé aussi que « les entreprises actives aux Etats-Unis n'ont clairement pas intérêt à se fâcher avec la Maison-Blanche, en poursuivant comme si de rien n'était leurs activités en Iran ».

Mercredi, sur des marchés boursiers étals, plusieurs valeurs ont d'ailleurs réagi à l'annonce américaine. Si TechnipFMC (+3 %) et Total (+1,08 %) profitent de la hausse du prix du pétrole, Peugeot (-1,28 %), Airbus (-0,86 %) et Renault (-0,9 %) accusent le coup.

 

Plus largement, on peut s'inquiéter de la poursuite de la hausse du prix du pétrole sur les profits des entreprises. Certains groupes ont déjà commencé à signaler l'impact négatif de la hausse du prix des matières premières au premier trimestre. Mark Haefele chez UBS se montre toutefois rassurant : « Dans l'ensemble, les marchés boursiers peuvent supporter des prix du pétrole légèrement plus élevés. Le coup de fouet aux entreprises pétrolières (7 % de l'indice MSCI All Country), devrait aider à compenser les désavantages pour les autres entreprises liés à la hausse des coûts des intrants et aux effets négatifs des factures de carburant plus élevées sur le revenu disponible des consommateurs ».

Retour de bâton pour les Etats-Unis

Le retrait américain sera-t-il l'occasion d'arroser l'arroseur ? Car les Etats-Unis pourraient ne pas en sortir indemnes. D'abord les consommateurs eux-mêmes. « Un prix du pétrole plus élevé enlève du pouvoir d'achat aux ménages et neutralise une partie de l'effet-relance induit par le réglage plus accommodant de la politique budgétaire », prévient Stéphane Déo. Oxford Economics a ainsi calculé que la hausse du prix du pétrole pourrait raboter de moitié l'impact positif de la réforme fiscale de Donald Trump, évaluée à 0,7 point sur la croissance américaine, si le baril WTI devait se maintenir à un niveau de 70 dollars en moyenne cette année.

Par ailleurs, les banques centrales seront aussi très attentives à l'impact inflationniste de la hausse du prix du brut. Une « menace »selon Mark Haefele, car cette hausse, « conjuguée à d'autres contraintes pesant sur l'offre, comme les droits de douane, pourrait soutenir les anticipations inflationnistes - notamment aux Etats-Unis, où l'inflation a déjà atteint l'objectif de 2 % de la Fed ». De quoi réveiller la peur d'une accélération du rythme de resserrement de la Fed ? Un risque qui avait fait  plonger les marchés financiers en début d'année .

Tensions dans le Golfe persique

Les marchés boursiers du Moyen-Orient ont plutôt bien digéré l'annonce de Donald Trump, même si l'indice Tadawul perd 0,85 %. Certes, les pays de la région sont les principaux gagnants de la hausse du prix du pétrole, mais ils pourraient aussi sortir perdant de l'augmentation des tensions dans la région. « Les investisseurs sur les actifs du Golfe vont, une nouvelle fois, être pris entre une montée des risques géopolitiques et la hausse du prix du pétrole, reconnaît Exotix Capital. Depuis une décennie, au moins, le second a généralement exercé un effet - positif - plus important, parce que les lieux les plus exposés au conflit se situaient généralement dans des parties de la région moins représentées sur les marchés actions », comme l'Irak, le Liban, la Syrie ou le Yemen. Mais cette fois-ci cela pourrait être différent alors que les pays en relation avec l'Iran - Dubai, le Koweit, Oman, Pakistan, Turquie, Qatar - occupent « une place plus importante dans les radars des investisseurs étrangers ». De quoi freiner le rebond des Bourses locales, bien orientées en 2018 dans le sillage des prix pétroliers.

Source : Les Echos


La régulation a mis les activités de marchés au régime sec - 12/04

La régulation a mis les grandes banques de financement et d'investissement mondiales au régime sec . La taille des activités de marchés de capitaux de celles-ci (en actifs ) a baissé de près de 40 % entre 2010 et 2016, selon une étude publiée jeudi par l'AFME, une association européenne qui défend notamment les intérêts des banques actives sur ces marchés.

Réalisée avec le cabinet PWCcelle-ci est basée sur un échantillon de 13 grandes banques, parmi lesquelles figurent les françaises Société Générale et BNP Paribas. Selon l'étude, près de deux tiers du déclin des activités de marché de ces établissements est attribuable au  tour de vis réglementaire auquel ils ont dû se plier dans le sillage de la crise.

Les régulateurs appelés à faire leur autocritique

Au regard du choc, les régulateurs devraient analyser davantage ex post les conséquences de leurs décisions , selon l'AFME. Pour l' heure , la régulation n'a pas conduit à des « problèmes majeurs », reconnaît Michael Lever pour l'association, mais son impact est en réalité amorti par la faiblesse des taux. « Ce n' est que lorsque nous verrons des conditions plus normales que l'impact total de la régulation deviendra plus clair », prévient-il.

Les régulations ayant eu le plus d'influence sur les banques sont sans surprise celles qui ont été adoptées dans le cadre de la  réforme prudentielle de Bâle 3 et les ont poussées à détenir davantage de capital (que ce soit en revoyant la définition du capital, en relevant les seuils minimums de fonds propres ou en imposant un ratio de levier).

Un poste de coûts très important

L' application de ces exigences a représenté l' essentiel des coûts réglementaires encaissés par les banques pour leurs activités de marchés de capitaux. Estimés à près de 37 milliards de dollars par an pour l' ensemble de l'échantillon, ces derniers représentaient près de 40 % du total des coûts des banques pour les activités concernées en 2016.

Compte tenu de son coût, la régulation a eu un impact significatif sur  la rentabilité financière des activités de marchés de capitaux : entre 2010 et 2016 la rentabilité des capitaux propres (ROE ) a baissé de 14 points de pourcentage à 3 %, selon l'étude. Les banques ont toutefois pu redresser la barre en réduisant la taille de leur bilan.

Les activités de taux et de crédit touchées de plein fouet

Dans ce cadre, les activités qui ont été le plus touchées après la crise sont les activités de taux (trading sur les titres d'Etat et produits dérivés de taux notamment). Toutefois, au sein de cette ligne de produits, la réduction de la voilure sur les opérations de pension livrée (échange de titres contre de la liquidité ) s'explique aussi par d'autres phénomènes tels que l' injection massive de liquidités réalisée par les banques centrales après la crise.

Les activités de crédit (sur la dette d' entreprise , les prêts ou les dérivés de crédit ) ont également beaucoup souffert après la crise en termes de montants d'actifs des banques. Celles liées aux matières premières ou aux marchés actions aussi. En revanche , les activités de titrisation ou de trading sur les changes ont mieux tiré leur épingle du jeu.

Le choc réglementaire n'est pas fini

L'étude de l'AFME s'en est tenue aux évolutions enregistrées jusqu 'à 2016 faute d'avoir des données complètes sur une période plus récente. L' organisation estime cependant que les tendances relevées par son analyse se sont poursuivies en 2017.

« Nous ne devons pas oublier que même si le Comité de Bâle a terminé ses travaux , de très nombreuses régulations doivent encore être mises en oeuvre », souligne Michael Lever. La  régulation européenne d'organisation des marchés (MIF 2)

Source : Les Echos
 


Lyxor se lance dans la guerre des prix sur les ETF - 09/04

Lyxor, le numéro 3 des ETF en Europe, relance la guerre des prix. La société de gestion de la Société Générale vient, à son tour, de lancer une gamme de produits « low cost » : une quinzaine d'ETF simples (dits « vanille ») calqués sur les plus grands indices actions et obligataires.

Objectif : gagner des parts de marché. Certes, le numéro 1, l'américain iShares (BlackRock) semble intouchable avec ses 300 milliards d'euros d'encours à fin décembre (34 milliards d'euros de collecte en 2017). En revanche, pour Lyxor qui gérait 64 milliards d'euros d'actifs à fin 2017, la place de DWS (73 milliards) n'est pas forcément hors de portée.

Sur les produits d'entrée de gamme, la demande est largement déterminée par les prix et la concurrence fait rage. « En moyenne notre gamme « coeur » d'ETF est environ 40 % moins chère que celles de nos concurrents. Nos frais sur encours sont compris entre 4 et 12 points de base contre 10 à 25 pour la moyenne du marché », détaille Arnaud Llinas, le responsable ETF et gestion indicielle de Lyxor. Chez iShares, le lancement d'une gamme comparable, « core series »  s'était révélé très rentable  : l'accélération des encours avait largement compensé les baisses de prix.

Amundi et Vanguard très agressifs

Jusque-là, Lyxor était légèrement plus cher que ses concurrents, en particulier sur les actions. Le cabinet ETFGI relevait en fin d'année dernière des taux annuels moyens de frais sur encours de 30 points de base pour la filiale de la Société Générale, contre respectivement 29, 28 et 27 pour iShares, Xtrackers (désormais DWS) et UBS. Surtout, Amundi et Vanguard, très agressifs sur les prix, se positionnaient à 23 et 11 points de base.

 

Seuls les gros fournisseurs d'ETF ou ceux qui sont adossés à un grand acteur peuvent amortir les coûts et ainsi participer à la guerre des prix. Amundi par exemple a vu ses actifs sous gestion (numéro 5 avec 38 milliards d'euros d'encours à fin décembre 2017) progresser de 50 % l'année dernière, soit deux fois plus vite que le marché. « Nous avons l'avantage d'être intégrés à un acteur universel incontournable pour les institutionnels comme pour les particuliers, et dont la taille nous permet de proposer des prix très compétitifs », souligne Fannie Wurtz, directeur du métier ETF, indiciel et smart beta d'Amundi.

Doublement des encours en cinq ans

« Nous avons été capables de baisser nos frais car nos encours ont fortement augmenté. Ils ont doublé en cinq ans », explique quant à lui Arnaud Llinas. La société adapte également son offre en transformant l'ensemble de sa gamme en Sicav. L'objectif est désormais de pénétrer le marché des particuliers. « Nous continuons de concevoir des portefeuilles profilés à base d'ETF. Nous sommes actuellement en discussion avec des banques privées ». Les fournisseurs d'ETF à bas coût bénéficient en ce domaine d'un soutien inattendu : la réglementation. Mifid II oblige en effet à plus de transparence sur les frais.

Source : Les Echos


Données clients : les banques ont un trésor encore inexploité - 20/03


Les banques françaises ont encore fort à faire pour exploiter au mieux les données qui pourraient leur permettre de tirer leur épingle du jeu face à la révolution numérique, selon une étude de l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) publiée ce mardi.

« La stratégie des établissements en matière de données ne paraît pas encore tout à fait stabilisée », note ainsi le superviseur qui a interrogé de façon détaillée six banques françaises sur la  transformation digitale en fin d'année dernière.

2018 : une année charnière

La question de l'exploitation des données se pose de façon d'autant plus aiguë que l'année 2018 est celle de l'entrée en vigueur de réglementations structurantes en la matière. La directive européenne sur les services de paiement (DSP2) va obliger les banques à  partager les informations de leurs clients avec des concurrents  habilités par lesdits clients via des interfaces de programmation (API). Par ailleurs, le  règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD)  régit la façon dont ces dernières peuvent être utilisées.

L'ACPR estime que les banques ont encore du travail pour s'adapter à ce nouveau contexte. La gouvernance en matière de protection des données personnelles « est souvent récente et il n'est pas certain que les établissements aient suffisamment avancé sur la mise en place des interfaces de programmation (API) attendues par la DSP2 », note le superviseur.


Des multiples difficultés à surmonter

Par ailleurs, « l'exploitation de certaines données semble se heurter en interne à des difficultés techniques (disponibilité de données), réglementaires (conformité) et organisationnelles (propriété de la donnée en interne) ».

Avant même de s'attaquer à l'exploitation de données externes, par exemple issues des « réseaux sociaux », les banques devraient ainsi miser sur les données de fonctionnement des comptes qui « seraient encore sous-exploitées », note l'ACPR.

Maintenir le contact direct avec les clients

D'autant que,  l'accès aux données des clients est « unanimement » considéré par ces établissements comme un « enjeu stratégique ». Face à  la révolution numérique , les banques interrogées craignent en effet de perdre le contact direct avec leurs clients au profit de nouveaux acteurs proposant par exemple sur une interface unique les produits financiers de multiples intermédiaires.

Ce scénario est aujourd'hui « le plus redouté » par les banques françaises, note l'ACPR. S'il se réalisait, ces dernières se verraient reléguées à la conception des produits financiers et à la gestion des risques associés. D'où l'importance pour elles de rester le partenaire de référence de leurs clients en exploitant au mieux les données générées par l'usage croissant des ordinateurs et téléphones portables.

Sources : Les Echos


Rothschild & Co tire les bénéfices de sa fusion avec Martin Maurel - 13/03

Dans les prochains mois, Alexandre de Rothschild prendra les rênes de la banque d'affaires relancée par son père David il y a près de quarante ans. Une maison consolidée par deux contreforts en 2017 : la banque privée et le capital-investissement.

Rothschild & Co a annoncé mardi des revenus en progression de 12 %, à 1,9 milliard d'euros, et un bénéfice en hausse de 32 % à 236 millions d'euros au titre de 2017.  Sa colonne vertébrale , les fusions-acquisitions, ont généré la moitié des revenus (804 millions d'euros), en repli de 9 % sur un an, après « la performance record de 2016 », souligne le groupe. Le conseil en financement vient compenser ce recul, avec une progression de 34 % sur un an (379 millions d'euros).

Au total, le pôle génère tout de même une marge de 15,7 %, après des investissements significatifs l'an dernier pour  prendre pied en Amérique du Nord et des recrutements au Royaume-Uni, au Japon et en Suisse. « Au plan global, nous observons depuis 2015 une contraction progressive de l'activité en fusions-acquisitions, qui reste à un niveau élevé. Cependant, notre « pipeline » de mandats en valeur est de très bonne qualité et à un niveau proche de celui de 2017 », indique Olivier Pécoux, managing partner de Rothschild & Co.

65 % de marge en capital-investissement

C'est essentiellement la gestion de fortune et le capital-investissement qui ont accéléré la dynamique de croissance du groupe de David de Rothschild en 2017. Le non coté a dégagé une marge de 65 % sur l'exercice, avec un bénéfice avant impôts qui pèse déjà un peu plus de la moitié de celui de la banque d'affaires (120 millions d'euros contre 185 millions pour le conseil financier), pour des revenus six fois inférieurs (185 millions d'euros, +39 %). « Les activités de capital-investissement ont beaucoup de synergies avec nos autres métiers. Nous sommes en phase de désinvestissement, ce qui impacte positivement et d'une façon substantielle les résultats du groupe », explique Olivier Pécoux.

 

L'intégration avec Martin Maurel , elle, a très largement porté ses fruits. Rothschild & Co a propulsé ses revenus de 40 % en banque privée à 514 millions d'euros, dont environ un cinquième est lié au groupe d'origine marseillaise. De quoi supporter les 27 millions d'euros dépensés l'an dernier pour l'intégration de la nouvelle banque. En dehors de cet élément exceptionnel, le bénéfice avant impôts de l'activité atteint 82 millions d'euros, le troisième plus important des pôles de Rothschild & Co. Quant aux actifs sous gestion, ils ont progressé de plus de 13 milliards d'euros sur un an, l'essentiel ayant été apporté par Martin Maurel (10 milliards d'euros).

Montée en puissance des deux moteurs en 2018

« La banque privée s'est fortement développée en France dans un contexte d'intégration de Martin Maurel au sein du groupe. L'équipe dirigeante en Suisse a mis en oeuvre une politique d'optimisation des coûts qui a porté ses fruits. La base d'actifs gérés a par ailleurs augmenté, tout comme en Grande-Bretagne. De ce fait, notre marge opérationnelle dans ce métier est passée de 2 % à 16 % sur une année », souligne Olivier Pécoux.

L'année 2018 devrait confirmer la montée en puissance de la banque privée avec la pleine intégration de Martin Maurel. De même, une nouvelle génération de fonds non cotés sera lancée, en ligne avec celle d'un peu moins de 800 millions d'euros du véhicule principal. En banque d'affaires, Rothschild & Co a d'ores et déjà indiqué s'attendre à une année « stable ».

Source : Les Echos


La Chine fait sauter les verrous de son système financier - 13/11

La Chine se donne cinq ans pour ouvrir son système financier. Le plafond des participations des sociétés étrangères dans les coentreprises de courtage de valeurs mobilières et de dérivés, et de fonds d'investissement, ainsi que dans les banques et les gérants d’actifs a été relevé à un niveau de 51%, avec un effet immédiat, ce qui leur permettra désormais de devenir majoritaires. Ce nouveau plafond sera entièrement supprimé au bout de 3 ans, hormis pour les banques et les gérants d’actifs, et étendu aux compagnies d'assurance vie après un délai de 3 ans, puis levé au bout de 5 ans. Le vice-ministre des finances chinois, Zhu Guangyao, a ainsi fortement insisté sur le fait que les règles qui empêchent actuellement les étrangers de détenir une participation majoritaire dans les banques chinoises seront supprimées.

«La décision du gouvernement chinois d’autoriser les sociétés étrangères d’acquérir jusqu’à 51% des actions des coentreprises représente un pas important vers l’ouverture du système financier chinois», estime UBS, qui compte ainsi en profiter pour accroître son poids au sein de UBS Securities. Le poids des banques étrangères dans les actifs des établissements chinois a fondu à 1,26% à la fin de l’année 2016 (soit un montant de 2.900 milliards de yuans), le plus bas niveau depuis 2003, après avoir atteint 2,4% en 2007. Lassés d’attendre un geste de Pékin, Citigroup et Deutsche Bank ont cédé l’an dernier leurs participations de 20% au sein de China Guangfa Bank et Hua Xia Bank, après Goldman Sachs et Bank of America en 2013. HSBC a conservé 19% dans Bank of Communications.

Cette décision est intervenue juste après la visite de Donald Trump à Pékin placée sous le signe d’une volonté partagée de rééquilibrage des échanges bilatéraux entre les deux pays et dans un contexte où les investissements étrangers en Chine se tassent, alors que ceux de la Chine à l'étranger ont accéléré et notamment dans la finance. Malgré un renforcement des contrôles des changes, les sorties de capitaux se sont poursuivies à un rythme cependant en net ralentissement, estimé par Natixis à 80 milliards de dollars au cours du troisième trimestre. Deutsche Bank pense que cette nouvelle mesure d’ouverture du capital des banques chinoises devrait permettre de «faciliter les entrées de capitaux directs étrangers, et ainsi de compenser une partie des mouvements de flux sortants».

Source : L'Agefi